jeudi 2 juillet 2026

Couple

 

Il y a confusion quant à l'ouverture des fenêtres: Ça coulé. Et si je le refais ça coulera encore, déterminisme achevé. 

 Si ce qui est arrivé un jour se reproduit. 

 Les plaintes fusent, ont fusé. T'es usine, j'suis usé. Pas du même bord. 

 

 

samedi 6 juin 2026

Le cinq juin

 

Il faudra que je fasse un lavage, demain. Ça fera un évènement dans la journée.

Aujourd’hui, il n’y a pas eu d’évènement. La visite d’un chat roux ce matin sur la terrasse, mais non, ça ne suffit pas, ça n’est pas un évènement.

La journée s’est écoulée longue, épaisse et diaphane tout à la fois. Un sirop gris-blanc, ni salé ni sucré. Toute la journée, un vent imperceptible, même si les branches d’arbre bougent, aucun oiseau. Une ou deux guêpes, d’apparence engourdie. Des faux-bourdons.

J’ai eu l’air d’un touriste en vacances toute la journée, dans mon chandail rayé, mes culottes beiges, en lin. Je n’ai d’ailleurs eu l’air de rien, comme personne ne m’a vu. La terrasse est ceinturée d’arbres, de coal-tar, de briques, ne débouche que sur le ciel.


J’ai jonglé toute la journée avec l’idée d’un verre de tequila/jus de mangue, mais j’ai résisté. Une journée sans alcool par semaine, minimum. J’ai grignoté un peu de mush à la place, un demi muffin au pot, juste de quoi rendre l’écoulement du temps plus fluide.


Demain, donc, je vais démarrer en trombe, balancer le linge sale dans la laveuse. Il faudra ensuite suspendre chaussettes et bobettes (à l’intérieur, vu la pluie qu’ils annoncent), et passer tout le reste à la sécheuse. Avant même le dîner, j’aurai accompli quelque chose. Et la pluie sera comme une permission, une permission de ne rien faire pour le reste de la journée. Ce qui mènera au jour suivant.

Il y aura bien sûr les objets, lourds, malfaisants. Les mêmes lignes droites qui définissent l’espace de mon appartement. Les osti de lampes au LED. La patère toujours pleine. Mon orthèse, barrée à quatre vingt-dix degrés. Les pastilles d’alertes, comme si quelque chose d’important se produisait, allait de produire.


Comme s’il était encore une fois.

 

 

mercredi 8 avril 2026

Horizontal

 

 

C'est tellement calme aujourd'hui, calme comme un démon.

 

Lac à la guerre.

Lac aux mollusques.

Lac aux êtres.

 

Aux algues bleues fraîches de tous les temps, toutes les modes. Aux courants dévastateurs de reflux sanguin, tout est clair de calamités.

 

Aurore bordélique.

Aurore déglutie.

Aurore tracée dans l'âtre. 

 

Aurore brûlée de s'être approchée des êtres, vue ni connue, comme au temps des pierres.

Des sciences déistes.

 

 

lundi 27 octobre 2025

Verbes en -ir

 

L'époque des larmes va finir. L'époque des matières alcooliques, des foulards mal ajustés, des par-dessus qui puent la plume d'oiseaux aquatiques.

L'époque des regards torves, des délais impossibles, de l'ivresse ivre, à se rouler par terre, va finir.

L'époque des sentiments profonds mais ô combien fugaces, l'époque des rires.

 

L'époque des bills à payer, l'époque des rêves à finir. Va finir.

 

Le temps de rétrécir au point d'immensité. L'espace d'une, de deux, de quatre cent trente mille gouttes d'eau sur de la roche nue et friable, un jour de chaleur. 


Le temps d'être un arbre va venir.

 

 

mardi 14 octobre 2025

Sonate pour violon et piano

 

Y aura-t-il toujours de quoi boire? De quoi respirer? L'altérité mènera-t-elle forcément au meurtre?

Est-ce que les bazars où l'on trouve de vieux disques oubliés vont disparaître? Comme les sources d'eau potable?

Il y a cette fertile vacuité, à l'écart de toute agitation, cette idée de ne pas combattre.

Il faut faire de l'espace, dépoussiérer les livres, organiser l'univers. Mesurer le poids d'un vieil amplificateur, la lumière qu'il émet une fois branché. 

De quoi illuminer beaucoup de villes, beaucoup de nuits.

L'esprit trouvera une nouvelle caverne, une fois le corps écroulé. Quelconque firmament fera l'affaire, un piano aqueux, un violon qui ne tombe jamais par terre, trop léger.

Mélanger de l'eau à l'alcool libère de la chaleur. Comme l'éthanol s'évapore, le miracle de la conscience aussi.

Comme le rhum aide à mieux respirer. 


 

vendredi 10 octobre 2025

Demain

 

Faire des pompes, demain. Faire de la soupe. Hurler quelque part, trois fois quatre secondes environ, ça suffit. Soutenir une cause, au hasard : Tel peuple, au bord de l'extinction, pourra enfin boire de l'eau, casser la croûte. Attendez, que je trouve un billet. Sinon quelques pièces?

Dans un bar pourri, renaître, à quatre heures de l'après-midi : Redécouvrir le whisky, ça se fête! Parfois j''oublie de me laver, parce que je n'ai pas d'odeur. La cause de démangeaisons, probable. J'ai cru manoeuvrer des choses immenses, étant tout-petit : éteindre le four, barrer la porte, ne pas ouvrir aux inconnus. Une prière chaque soir avant de me coucher.

Ça m'a rendu nerveux. 

La maison se crispe, à l'heure du froid. Il règne un silence ici. Je ne sais pas si je vieillis vraiment. Je n'ai pas de corne, sauf la nuit. Soucieux de l'image mais pas trop. Je sais de quoi j'ai l'air : J'ai l'air épais, pataud, à la fois rouge et gris, je commets des gestes distendus, éparpillés, les yeux ailleurs. Mes intérêts sont variés. Je peux même devenir un animal, un animal de compagnie. On verra.

Plus tard est un autre jour.